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Conjoncture économique au Maroc: les secteurs qui résistent face à la crise

28 août 2020 Le Petit Journal Marocain

Face à la crise, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne. Certains entrevoient le bout du tunnel.

La crise sanitaire, et ses effets désastreux sur l’économie nationale, n’affecte pas tous les secteurs de la même manière. Certaines branches d’activité parviennent à tirer leur épingle du jeu. D’autres, en revanche, sombrent un peu plus dans la crise. Tour d’horizon.

La Direction des études et des prévisions financières (DEPF), relevant du ministère de l’Economie et des finances, le fait d’ailleurs remarquer, dans sa dernière note de conjoncture: «l’examen de l’évolution de la situation économique et financière nationale au cours des derniers mois, fait apparaître des signes de reprise graduelle dans plusieurs branches d’activité, avec, toutefois, une persistance des tensions récessives dans certains secteurs fortement sensibles».

Parmi les secteurs qui bravent la crise, on retrouve celui des phosphates. Après une légère baisse de sa valeur ajoutée au premier trimestre 2020 (-0,4%), le secteur extractif a affiché un solide rebond de son activité au deuxième trimestre 2020, indique la DEPF.

La production de phosphate roche, principale composante de cette production minière, a ainsi augmenté de 9,1% après un accroissement de 7,4% un an plus tôt.

Pour ce qui est de la production des dérivés de phosphates, elle a progressé au terme du deuxième trimestre 2020 de 13,5%, en lien avec le renforcement de celle des engrais de 16,9%, et de celle de l’acide phosphorique, de 8,9%.

Au final, à la fin du mois de juin dernier, la production de phosphate roche s’est inscrite en hausse de 4,7%, après +2,7% il y a une année, et celle de ses dérivés de 10,5%, après une baisse de l’ordre de -14,8%.

Cette bonne dynamique se retrouve dans les volumes à l’export. Ainsi, les exportations de phosphate roche ont progressé de 11,7% à fin juin 2020. Quant aux ventes à l’étranger des dérivés de phosphates, elles se sont affermies de 17,2%.

Les industries manufacturières sont une autre branche d’activité qui montre des signaux de reprise encourageant. Les machines industrielles et les usines recommencent à tourner, quoique de manière progressive.

Ainsi, le Taux d’utilisation des capacités de production (TUC), un des indicateurs de performance de l’appareil productif les plus suivis, s’est apprécié de 8 points entre mai et juin 2020 à 64%, après une hausse de 9 points un mois plus tôt, sans pour autant atteindre la moyenne des douze derniers mois d’avant la crise liée au Covid-19, soit un taux de 74%.

Cette augmentation aurait concerné l’ensemble des secteurs, informe la DEPF, mis à part celui des industries chimiques et para-chimiques, qui aurait connu une diminution d’un point.

Autre secteur en forme malgré la crise: celui des télécommunications. Sa valeur ajoutée reste dans le vert, enregistrant une performance de +1,1% au premier trimestre 2020, après une amélioration de 1,5% à la même période de l’année précédente. Le secteur reste porté par la forte augmentation de la data mobile durant la période de confinement, favorisant le changement des habitudes de consommation au Maroc. Concrètement, la consommation moyenne par utilisateur devrait franchir un nouveau palier, et le taux de pénétration de la data devrait accélérer sa progression.

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