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Maroc Espagne: Nouvelles dispositions marocaines sur le transport TIR

26 octobre 2020 Medias24

Des décisions intéressantes pour le transport routier international opéré par des sociétés marocaines. 

Abdelilah Hifdi insiste: "En matière de transport routier et même de relations économiques, nous sommes dans une relation sereine et apaisée avec l'Espagne". Hifdi est président de la Fédération nationale du transport (FNT), qui fait partie de la CGEM.

Pour bien comprendre ce qui suit, il faut rappeler que l'Espagne est pour les transporteurs routiers marocains, un pays de destination et surtout de transit.

Le Maroc est pour les transporteurs routiers espagnols, un pays de destination d'abord; et devient de plus en plus un pays de transit vers l'Afrique subsaharienne, via Guergarate.

Le transport routier entre les deux pays est régi par un accord bilatéral. Beaucoup pensent d'ailleurs qu'un accord multilatéral avec l'UE serait préférable.

L'accord en question date de 2012 et régit l'activité de transport routier de marchandises et de voyageurs. Les deux pays ont créé une commission mixte ad hoc qui se réunit annuellement. Parmi ses prérogatives, la gestion des contingents de chacun des deux pays.

Il va sans dire que le Maroc épuise rapidement son contingent chaque année en raison du fait que l'Espagne est jusque là le seul point de transit vers les autres pays du continent européen. C'est d'ailleurs pour cela que les transporteurs et exportateurs marocains prendront connaissance avec satisfaction de la circulaire diffusée jeudi par la Direction de la marine marchande (fac-similé ci-dessous) et ouvrant pour eux les routes maritimes Maroc-Italie et Maroc-France.

Les relations maroco-espagnoles dans le transport routier sont certes apaisées et sereines au niveau de la commission mixte. Il n'en demeure pas moins que l'Espagne a commencé à appliquer, il y a six mois, une décision européenne obligeant les camions TIR marocains à ne pas dépasser 200 litres de gasoil à leur entrée en Espagne. Une décision qui affecte clairement la compétitivité du transport routier international marocain. Il faut insister néanmoins sur le fait que cette décision est ancienne et son entrée en vigueur légale.

Tout comme l'Espagne, le Maroc n'avait pas appliqué toutes les dispositions favorables prévues par l'accord de 2012. Abdelilah Hifdi nous explique que les camions TIR sont un ensemble articulé formé de deux éléments: d'une part, l'élément tracteur qui tire la semi-remorque; de l'autre, la semi-remorque elle-même.
Depuis quelque temps, des transporteurs espagnols ont commencé à envoyer au Maroc des semi-remorques isolées qui sont prises en charge à Tanger, par des tracteurs marocains, pilotés par des sociétés de droit marocain qui se sont avérées être des filiales créées à Tanger par des transporteurs espagnols.
Au final, une partie des véhicules espagnols échappent au comptage au titre du contingent.
D'où le document ci-dessous: conformément à une disposition figurant dans l'accord de 2012, la traction d'une semi-remorque isolée et chargée, sur le tronçon marocain, par un tracteur marocain, nécessite un contrat de coopération avec une société marocaine de transport. Cet accord doit être visé par les parties espagnole et marocaine.

A compter du 27 octobre, le contrat de coopération sera exigé à Tanger Med pour toute semi remorque espagnole isolée et en charge. De plus, l'original de la carte grise sera désormais exigé. Jusque là, seule une photocopie de la carte grise était demandée aux semi-remorques espagnoles sur le territoire national; alors que l'original était exigé des semi-remorques marocaines.

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