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Secteur industriel: La vraie reprise pas avant 2022

31 août 2020 l'Economiste

Pour le moment, les perspectives restent entourées de beaucoup d’incertitudes.

Le secteur industriel est-il en mesure d’amorcer une reprise sur le reste de l’année? La question est somme toute légitime dans la mesure où les deux autres secteurs (primaire et tertiaire) ne peuvent sortir la tête de l’eau qu’à partir de l’année prochaine. A la condi­tion d’une bonne pluviométrie et d’une reprise économique conso­lidée chez les pays partenaires.

Sur le mois de juin, le taux d’utilisation des capacités s’est apprécié de 8 points à 64% sans pour autant atteindre la moyenne d’avant la pandémie: 74%

Pour le moment, les perspectives restent entourées de beaucoup d’incertitudes. A cause notamment «des risques de nouvelle vague de contagion de la pandémie du Coro­navirus», constate la Direction des études et des prévisions financières du ministère des Finances. D’autant plus que deux indicateurs de taille restent peu favorables à une reprise rapide du secteur industriel: le ra­lentissement de l’effort d’investis­sement et la baisse de la demande étrangère adressée au Maroc.

Mais selon la Banque centrale, les premiers signes de reprise se précisent au terme du 2e trimestre d’après les résultats de l’enquête de conjoncture auprès du secteur manufacturier. Ceci, après un 1er trimestre qui avait enregistré une légère hausse de la valeur ajoutée de 0,6% contre 2,9% à fin mars 2019.

Excepté le textile et cuir, la production aurait progressé dans l’ensemble des branches d’acti­vité. Concernant les ventes, elles auraient progressé dans l’ensemble des branches. S’agissant du taux d’utilisation des capacités de pro­duction (TUC), il s’est apprécié de 8 points entre mai et juin 2020 à 64%, après une hausse de 9 points le mois précédent, sans pour autant atteindre la moyenne des 12 der­niers mois d’avant la crise liée au Covid-19, soit un taux de 74%. Cette augmentation aurait concer­né l’ensemble des secteurs, mis à part celui des industries chimiques et para-chimiques qui aurait connu un repli d’un point.

Des constats confirmés par la deuxième enquête du HCP sur l’impact de Covid-19 sur l’activité des entreprises. (Enquête menée en juillet 2020). Il en ressort que 84,6% des entreprises enquêtées y compris les industries manufactu­rières, déclarent avoir repris leurs activités dont le tiers estime avoir retrouvé un rythme normal. En re­vanche pour plus de 52%, la reprise reste encore partielle alors que 15,4% étaient toujours à l’arrêt. Le rythme normal concerne 40% des grandes entreprises, 35% des PME et 31% des TPE.

«Par branche, 45% des entre­prises dans les industries chimiques et para-chimiques et 42% dans les industries du textile et du cuir ont pu reprendre leur activité d’une façon normale», relève l’enquête du HCP.

Par ailleurs, 63% des entreprises industrielles estiment pouvoir re­trouver leur rythme normal d’activi­té dans un délai maximal de 6 mois alors que 37% d’entre elles estiment retrouver ce rythme dans une durée d’au moins une année. Dans un environnement empreint d’incerti­tudes, la reprise normale de l’acti­vité après le confinement demeure, toutefois, freinée, selon les résultats de la même enquête, par plusieurs facteurs. En particulier, le recul de la demande intérieure, les difficul­tés financières et la contraction de la demande extérieure.
Par ailleurs, les exportations du secteur manufacturier s’inscrivent sur un trend baissier. Le recul concerne l’industrie automobile (-33%), le textile et cuir (-34,9%), l’aéronautique (-18,1%), l’alimen­taire (-6,4%) et l’électronique et électricité (-5,2%). Seuls les phos­phates et dérivés ont développé leurs expéditions (+17,2%) sur le premier semestre avec un repli de 3% de la valeur.

Les cours du phosphate brut sont restés stables à 75 dollars la tonne en juillet dernier. Ils marquent ainsi une hausse de 6% par rapport à leur creux du mois d’avril. En revanche, les prix des engrais phosphatés ont rebondi de 12% en juillet pour at­teindre 305 dollars la tonne. Portant ainsi leurs gains à 28% depuis leur creux du mois de décembre 2019. Ce raffermissement des prix du DAP reflète une reprise de la de­mande, notamment de l’Inde. Sur les sept premiers mois de 2020, les cours moyens du phosphate brut et du DAP ont chuté de 24% et de 17% respectivement en glissement annuel.

                                                                                            

Pétrole et butane: Surchauffe des cours en juillet

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Les prix du pé­trole (Brent) se sont établis à 43 dollars le baril en moyenne en juillet, en hausse de 7% sur un mois et de 83% depuis leur creux d’avril (23 dol­lars), ramenant ainsi leur baisse à 35% depuis début 2020. Sur les sept pre­miers mois, les cours moyens du Brent ont atteint 41 dollars/ba­ril, en baisse de 37% en glissement annuel. Cette baisse s’explique par un fort repli de la demande mon­diale dans un contexte marqué par une abondance de l’offre.

Le marché pétrolier est resté largement excédentaire au second trimestre 2020 (+8,8 millions de barils par jour). Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de pétrole a enregistré un fort repli au deuxième trimestre 2020 (-16 mbj), affectée par le confinement de la population et les perturbations de l’économie mondiale. La baisse de la demande, en glissement annuel, serait moins forte au second semestre, grâce à la reprise de l’activité économique post-confinement.

Pour l’ensemble de l’année 2020, la demande mon­diale de pétrole devrait diminuer de 8 mbj, avant de rebondir de 5,2 mbj en 2021, selon l’AIE. Dans le sil­lage du pétrole, les prix du gaz bu­tane ont atteint 378 dollars la tonne en moyenne en juillet, en hausse de 9% sur un mois et de 93% depuis leur creux d’avril (196 $/t), rame­nant leur baisse à 19% depuis début 2020. Sur les sept premiers mois de 2020, les cours moyens du gaz butane se sont établis à 360 dollars la tonne, en baisse de 17% en glis­sement annuel.

                                                                                            

Reflux des flux financiers

Au terme du premier semestre 2020, la balance des voyages fait ressortir un excédent d’environ 17 milliards de DH, en baisse de 29,9% en glissement annuel. La situation résulte du plongeon des recettes de voyages (-33,2% à 22,4 milliards de DH).
De leur côté, les transferts des MRE ont accusé un repli de 8,1% à 28,4 milliards de DH. Ces deux postes ont, ainsi, permis de cou­vrir 59,4% du déficit commercial, après 63,1% un an auparavant. Par ailleurs, le flux des investissements directs étrangers (IDE) a enregistré une baisse de 7,2% à 8,3 milliards de DH.

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